Rencontre avec les Second Sex

La voilà ! Enfin ! L’interview tant attendu des Second Sex est arrivée. Réalisée par notre correspondante à Bruxelles (c’est classe dit comme ça non ?), Allison nous livre ici une interview complète du groupe.

Nous laissons la parole à Allison :

En lisant cette flopée de questions qui va suivre, vous n’entendrez rien des vannes de Guillaume, des explications alambiquées d’Arthur, sous le regard inquisiteur de Tim. Vous n’entendrez pas non plus, et heureusement, mes rires de blonde, mes gloussements, mes coquilles verbales, et j’en passe !

Ce n’est donc plus l’heure des backstages, mais bien du contenu ! Pendant 1h, les Parisiens ont fait preuve d’humour, d’intelligence artistique, de répartie et de vivacité d’esprit. Ils m’ont taquinée sur mon « nonante » au lieu de leur quatre-vingt-dix.

Je leur ai rigolé au nez lorsqu’ils ont fait allusion à Bruxelles en parlant de « provinciale ». Pour rappel, Bruxelles, c’est moche, c’est antipathique et pète-fesse à mort… mais c’est aussi la capitale de l’Europe !

Bref, une interview fun, avec des Parisiens « fun ».

La vidéo de vos questions (et donc de leurs réponses) se trouve en dessous de l’interview.

Bonne lecture !

Si je vous présente comme des bébés rockeurs, est-ce que ça vous saoul ?

Arthur, sans hésitation : Oui !

Pourquoi ?

Tim : Parce qu’on a 19 ans maintenant ! Et un batteur de 32 ans… Au début, on pouvait être assimilé à des bébés rockeurs parce qu’on avait 14 ans, on commençait. Et puis, c’est aussi très français de donner des étiquettes. Il y a plein de groupes anglais qui sont très jeunes, et on ne les appelle pas des « bébés rockeurs ».

Guillaume : Dans les années 70, il y avait déjà plein de groupes en Angleterre qui avait une moyenne d’âge très jeune, et jamais ils n’ont été qualifiés de bébés rockeurs.

Arthur : On assume la presse mode et l’appellation « bébés rockeurs » qu’on a pu avoir à une époque. Mais tous les groupes de cette génération ont évolué, et sont partis dans des directions différentes.

Vous avez toujours fait de la musique ensemble ? C’est quoi votre parcours ?

Arthur : J’ai commencé la guitare presque en même temps que le groupe, à 14 ans. J’ai pris deux ou trois cours de gratte. J’ai appris sur le terrain.

Tim : Moi, j’ai commencé la guitare un peu avant d’entrer dans le groupe. Puis, dès que les Second Sex ont commencé, j’ai stoppé les cours et j’ai continué par moi-même.

Guillaume : Moi, je fais de la basse. Mais avant, j’ai pris quelques cours de guitare. Et encore avant, j’ai fait une dizaine d’années de harpe.

De la harpe ? Surprenant…

Guillaume : Oui, mais ça peut être complémentaire je pense…

Vous vous êtes rencontrés où ?

Tim : Dans notre école.

Être soutenu par Philippe Manœuvre, ça vous a aidé ?

Ensemble : Ouais, grave !

Qu’est-ce que ça vous a permis de faire ?

Arthur : Philippe Manœuvre nous a vraiment soutenu quand on a débuté, quand on faisait nos premiers concerts dans des caves. Il nous a permis de jouer dans des salles comme le Gibus, de montrer notre musique aux gens, de faire monter le buzz.

Chacun d’entre vous a déjà participé à un autre groupe de musique, ou il n’y a toujours eu « que » les Second Sex ?

Tous : Non, il n’y a eu que les Second Sex.

Le rock, vous l’avez découvert comment ? Quels sont les premiers albums achetés ?

Tim : Moi, j’ai découvert par ma sœur, qui m’a fait acheter les White Stripes, les Strokes, les Libertines. Après, je suis remonté dans le temps pour vraiment écouter de tout.

Arthur : Ben, c’est un peu pareil. Les Strokes, les Libertines. On est allé à leurs premiers concerts à Paris, on avait 14 ans. Et ça nous a aussi motivé à monter un groupe ! C’est comme ça qu’on s’est familiarisé avec le rock. Après, on est remonté aux racines.

Guillaume : Moi, j’ai suivi le chemin inverse. Pour l’anecdote, un jour, j’étais chez un disquaire pour m’acheter un disque de Marilyn Manson. Et mon père m’a dit : « Pouquoi pas acheter ce CD des Rolling Stones plutôt ? » Puis, j’ai commencé à explorer les années 70.

Récemment, il y a eu quelques changements dans les membres du groupe. Présentez-nous les petits nouveaux !

Arthur : Jusqu’à l’album, il y avait Arthur et moi, ainsi que Vincent à la basse et Sacha à la batterie qui sont frères. Vincent nous a quitté juste avant la tournée, et on a recruté Guillaume. Sacha a fait la tournée avec nous mais là, il est parti étudier à Boston. Donc, nous avons recruté Emmanuel, 32 ans.

Pas de choc générationnel ?

Ensemble : Non, tout s’est fait dans une bonne ambiance donc, c’est super!

La «petite mort», je sais ce que c’est… mais pourquoi ce titre pour votre album ?

Tim : On parle beaucoup de cul et de mort en fait!

Ok… Au sein du groupe, le travail de composition et d’écriture se passe comment?

Arthur : Pour l’album, quelqu’un amenait un riff, on en parlait tous ensemble, on s’engueulait, et on faisait des compromis. Maintenant, c’est Tim qui compose et nous, on se greffe. Au final, chacun apporte sa touche. Pour les textes, c’est aussi Tim.

Vous avez travaillé avec le producteur des Hives, c’est bien ça ? Où l’avez-vous rencontré ?

Tim : Avant d’enregistrer l’album, on nous a demandé de dresser une liste de CD de référence, pour tenter de contacter les producteurs. Il y avait les Hives dedans. Et il se trouve que Pelle Gunnerfeldt a répondu très vite qu’il était chaud. On a tout de suite dit oui.

Arthur : Je pense qu’il a aimé l’énergie des morceaux, qu’il kiffait les compos.

Maintenant, la grande question existentielle, vous préférez chanter en anglais ou en français ?

Tim : Au début, on ne chantait qu’en anglais. Mais les maisons de disque, en France, préfèrent les chansons en français car c’est plus facile de les placer à la radio. Quand on a réécouté l’album, on s’est rendu compte qu’on préférait vraiment les chansons en anglais. Et là, je crois que le prochain album ne sera que en anglais!

Vous avez fait pas mal de dates depuis la sortie de l’album, notamment en Angleterre, ça s’est bien passé ?

Arthur : La tournée en France, ça a été juste incroyable ! Le rythme était agréable, avec 2 ou 3 dates par semaine. On n’a pas eu de grosse semaine où on partait sur la route 7 jours sur 7… ce qui aurait pu être agréable aussi. On s’est pointé dans des villes où des gens chantaient l’album entier… c’était terrible !

Tim : Sinon l’Angleterre…l’An-gle-terre quoi ! (rire) C’était cool. Les gens qui nous ont encadrés étaient super. On a eu beaucoup de monde… sauf le dernier soir.

Arthur : Ici, en France, on a vraiment de la chance. On termine le concert, on a des bières au frigo, des jus de fruit, de quoi se détendre. Là bas, tu chantes puis tu te casses. Même nos lois sur l’intermittence, c’est vraiment une chance.

Guillaume : Il arrive même qu’en Angleterre, certains payent pour jouer.

Un souvenir marquant pendant cette tournée ?

Arthur : Sur toute la tournée, il y a eu un concert à Tours, à un festoch’ avec Neimo et Kill the Young. C’était un putain de concert. Il y avait beaucoup de monde.

A contrario, un grand moment de solitude à nous raconter ?

Guillaume : Pas un grand moment de solitude, mais un concert vraiment nul, c’était à Clermont Ferrand. On n’avait pas fait un bon concert, donc il n’y avait pas eu de bons retours. On jouait avec les Shades, des potes, et on était assimilé aux mêmes genres de choses.

Tim : Sinon, le dernier concert anglais, à Leeds, la promotion n’avait pas été faite sur place. Et il n’y avait personne dans la salle…Peut être un mec ou deux en train de boire des bières, mais ils ne nous regardaient même pas. On partageait la scène avec Fortune, un autre groupe. Et au final, on a déconné, et on s’est regardé chacun à notre tour jouer.

Guillaume : Le staff anglais avait payé une boite de promotion. Le travail n’a pas été fait…Quand on est arrivé, les affiches étaient toujours dans les cartons !

Vous êtes venus deux fois en Belgique, vous vous êtes bien amusés ?

Arthur : On est allé 4 fois en Belgique ! Une première fois à l’Orangerie, au festoch’ les Nuits du Botanique. Ca, c’était avant la sortie de l’album. Une autre fois avec Naast et les Plasticines. On était venu avec nos potes ! Premier concert en province…euh…à l’étranger. Sinon, à la Rotonde et au Belzik, c’était bien aussi !

A quand le prochain album des Second Sex?

Tim : C’est une bonne question mais…

Arthur : Bientôt dans les bacs ! (rire général)

Vous travaillez déjà dessus ?

Tim : Oui, déjà!

Arthur : On a pas mal de nouveaux morceaux. Mais on réfléchit un peu, histoire de voir vers où on va se diriger.

Tim : Mais ce ne sera que des chansons en anglais, normalement.


Un commentaire.

  1. Les tweets qui mentionnent Rencontre avec les Second Sex | RockMuzic -- Topsy.com says:

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Augustin Lafanechère, kidapple. kidapple a dit: Rencontre avec les Second Sex: La voilà ! Enfin ! L’interview tant attendu des Second Sex est arrivée. Réalisée pa… http://bit.ly/bOOUSf [...]

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