Rencontre avec Jesse Dee

Jesse Dee, jeune blanc-bec à la voix feutrée, se nourrit au rythm’n’blues depuis qu’il est en âge de tenir une Gibson dans les mains. Otis Redding, Etta James, Sam Cooke, ce jeune Boston Boy a de fameuses influences ! Ce jeudi 1er octobre, il jouait à l’Ancienne Belgique (Bruxelles), devant une bonne centaine de privilégiés. Peu avant le lever de rideau, il a reçu RockMuzic.fr dans sa loge. Décontraction et humour étaient les maîtres mots. On y apprend qu’il a commencé à écrire ses chansons à 14 ans, que son père était musicien, mais aussi qu’il connaît notre Jordy national, et que « sacre bleu » est pour lui une insulte particulièrement grossière… Et pour le prochain album ? Il faudra encore patienter.
En attendant, jeudi, le public bruxellois a bien dégusté pendant 2 heures… décidément trop courtes !

Bonjour ! On ne te connaît pas bien ici… Qui est Jesse Dee ?
Je proviens d’une famille de mélomanes. Mon père était un artiste: il chantait et jouait de la guitare. Moi, j’ai débuté fort jeune, en chantant à l’église. J’ai toujours été un grand fan de musique. J’en écoutais sans cesse. Après, j’ai commencé à écrire mes propres chansons.

A quel âge ?
Ma maman se plait à dire que j’avais 3 ans ! Mais je ne me souviens pas de cet épisode… (rire) Je pense que j’ai réellement commencé à prendre la plume à l’âge de 14 ans. J’étais un adolescent…

Et tu as commencé à jouer de la guitare avec ton père ?
Non. La guitare, je l’ai apprise beaucoup plus tard. J’avais 17 ans, environ. J’ai essayé par moi-même, j’ai regardé les autres jouer. Je me suis aussi beaucoup entraîné dans mon coin.

Quel genre de musique écoutais-tu quand tu étais enfant?
J’ai commencé par écouter les « oldies ». Certaines radios s’étaient spécialisées dans la diffusion de vieux morceaux : le doowop, le rythm’n’blues, et toutes ces choses-là. C’était bien à cette époque !

Et les concerts, c’était ton truc ?
Oui ! Mes parents adoraient m’emmener voir les spectacles locaux… Malheureusement, je ne me souviens pas de tout.

Quand as-tu pris la direction du rythm’n’blues ?
Depuis toujours ! C’est la musique que j’ai écoutée depuis l’enfance. Cela m’a certainement influencé. Et au plus j’écoutais cette musique, au plus que je me disais que je n’aimais rien d’autre…à part ça ! C’est ce que j’aime écouter, c’est ce que j’aime chanter. J’ai toujours voulu faire mon propre rythm’n’blues.

Tu n’as jamais joué autre chose ? Pour essayer…
Quand j’ai commencé à jouer de la guitare, c’était surtout Bob Dylan que je grattais. Donc, plutôt de la folk. Mais il y a toujours eu une empreinte « soul », une pincée de rythm’n’blues…

Sur ton album, quelle est ta chanson préférée ?
Oh…. (dépité)
Tu dois en choisir une !
Pourquoi cette question ?
Parce que les journalistes aiment savoir ce genre de choses.
Vous aimez ça ? C’est vrai ? C’est un peu comme demander à un parent lequel de ses enfants il préfère…
Juste. Moi, j’aime beaucoup la 2e !
Around Here ?
Oui ! Avec le solo de guitare… Est-ce que le son « oldschool » de ton album est un choix délibéré, ou est-ce le résultat de ton travail avec tes musiciens ?
Je pense que c’est un choix délibéré. Ce qui me plaît avant tout dans le rythm’n’blues, c’est la façon dont ça claque. Cet album a été enregistré d’une façon très spéciale, presque en live, dans un studio de Boston. A mon avis, voilà pourquoi cela sonne si « oldschool ».
Aucun duo sur cet album : et si tu pouvais choisir une personne, morte ou vivante, avec qui travailler ?
C’est une chouette question, mais difficile : il y a tellement de personnes que j’admire, qui m’ont influencé… Certaines sont mortes, d’autres sont encore là. Mais si j’aime la façon dont elles chantent, ou le son qu’elles produisent, je ne sais pas si j’aurai envie de travailler avec elles. C’est une approche très différente. Elles sont peut-être totalement imbuvables… (rire)
Bon, je dois choisir… Ah oui, il y a un producteur aux USA, Joe Henry, avec qui j’aimerai beaucoup travailler. Voilà !

Est-ce important pour toi de jouer en Europe ?
Oui. Il y a une différence. Ici, les gens vont écouter quand il faut écouter. Et ils vont se lâcher et danser quand il faut se lâcher et danser. Je ne suis pas habitué à ça ! D’habitude, je dois parfois demander le silence…pour avoir un peu d’attention. Donc, je suis vraiment très content de jouer ici.

Aux USA, tu as quand joué avec des gens comme Al Green et Etta James…
Oui, et je vais encore jouer avec Al Green dès qu’on retourne au pays. Euh… peux-tu me pincer pour voir si je ne rêve pas ? C’est incroyable! Etta James est toujours une de mes idoles. C’est un honneur pour moi, un rêve qui se réalise !

Jusqu’à aujourd’hui, quel est ton meilleur moment sur scène ?
Tu peux dire jusque ce soir ? (rire)
Oui évidemment, ce soir, ça va changer…
Evidemment ! Je pense que c’était avec Etta James. Je faisais sa première partie où j’ai évidemment chanté mes chansons. J’ai aussi chanté à un festival de soul cet été. C’était également très impressionnant. Il y avait des grandes stars de la soul et du rythm’n’blues…

Où as-tu déniché ces incroyables musiciens ? Ce sont des potes ?
Moi aussi je les trouve incroyables ! Pour certains, je les connais de Boston. Pour d’autres, c’est plus récent. La plupart d’entre eux sont là ce soir… C’est très excitant pour moi de jouer avec eux !

Tu connais quelques artistes français ?
Je suis sûr que j’en connais… (long silence)
Je devrais en connaître certains en particulier ? (rire)
Non, pas spécialement…
(nouveau silence)
Jo…Ji…Jordy ? Tu sais, ce petit garçon qui chantait à 3 ou 4 ans.
JORDY ? Je ne m’attendais absolument pas à ça !
(Il éclate de rire)
Bon, plus sérieusement, imagines que je veux acheter quelques bons albums, qu’est-ce que tu me conseilles ?
Tu aimes quoi comme musique ?
Rythm’n’blues !
Ok…
- Sam Cooke, Live at the Harlem Square Club
- Bobby Bland, Two Steps From The Blues
- James Brown
- Etta James
Et tu devrais aussi acheter…
Jesse Dee ?
Non, non. Pas de Jesse Dee… Je ne suis pas dans le top.

Quand tu ne fais pas de la musique, tu fais quoi ?
Je ne vais pas souvent au cinéma… J’aime peindre, dessiner
Qu’est-ce que tu peints ?
Et bien, je n’en fais plus beaucoup pour l’instant. La musique occupe la majorité de mon temps. Et quand je n’en fais pas, je vais en voir !
Justement, quel est le dernier concert que tu es allé voir ?
Un ami à moi…Tim Geary. Il vient de Boston. Il est incroyable.
Tu connais Eli Paperboy Reed, un autre chanteur de rythm’n’blues qui provient de Boston ?
Je ne le connais pas personnellement mais je l’ai déjà vu jouer.
Tu as aimé ?
Oui, il est très talentueux !
Tous les artistes viennent de Boston ou quoi ?
Euh…non, pas vraiment ! (rire)
Mais c’est une bonne question…
Quand peut-on s’attendre à un nouvel album de Jesse Dee ?
Oh, je suis incapable de te dire ça…
En attendant, tu feras beaucoup de concerts en France aussi ?
J’espère ! Je sais que nous allons à Lille et à Paris.
Et à quoi les spectateurs peuvent-ils s’attendre ?
Il y a beaucoup d’énergie sur scène. Il y a aussi des moments plus intimistes. Mais on fera le show !

Allison Mazzoccato

Découvrez Jesse Dee sur www.myspace.com/jessedee.


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