Marsatac jour 3 : Art brut(al)

Aujourd’hui, ce n’est pas après une longue journée d’attente qu’on se rend aux Docks des Suds pour la soirée de clôture de Marsatac, mais après une journée passée à tenter de récupérer des concerts de la veille. C’est bon, vous suivez ? On peut y aller !

Comme on l’avait prédit, c’est aujourd’hui que le site accueille le plus de public. En même temps, avec une tête d’affiche telle qu’Archive, cela n’a rien d’étonnant. Les instruments sont branchés, les chemises noires repassées, les musiciens prennent leur air le plus austère, le concert peut commencer. Dès la première mesure du premier morceau, on comprend. Archive, c’est du sérieux. Guitare, batterie, basse, boîte à rythme, voix, claviers, samples : tout se mélange pour créer une transe glacée, qui pour peu nous ferait déprécier tous les groupes qui comptent moins de 6 membres. L’album Crontrolling Crowds est mis à l’honneur sur la scène Major, le groupe enchaine les titres du dernier opus, le public encore frais est déchainé.

On s’éclipse quelques minutes avant la fin du concert d’Archive (oui, on a osé, on s’en excuse) pour se rendre au concert de Battant, le seul groupe anglais qui vend ses albums en import dans son propre pays. Quoi de plus underground ? Parce que oui, le premier album des anglais est paru sous un label français : Kill The DJ. Signalons au passage la stratégie originale du trio londonien qui consiste à priver sa chanteuse de vêtements pour attirer le public (et les photographes). Et ça marche, on y était. Chanteuse impressionnante, basse impressionnante, concert impressionnant.

Cependant, aucune chanteuse au monde, même si elle a oublié son pantalon et porte un béret, ne nous fera manquer le concert d’un autre trio, sur la scène SFR Jeunes Talents : les aubagnais de Dissonant Nation. Peut-être pas le concert le plus attendu du festival (quoique, ça dépend des gens), ce set hystérique et historique (c’est le premier concert du groupe à Marsatac) est pourtant celui qui se distingue le plus du reste de la programmation serieusement orientée electro-rock. Ici, pas de synthétiseurs, pas de bandes pré-enregistrées, juste guitare + basse + batterie. Élémentaire, mon cher, mais ça sonne. On avait presque oublié comme le rock était beau (moi en tout cas). Dans le public relativement important, les couples de trentenaires regardent d’un air amusé les jeunes s’agiter sur les décharges mi-punk mi soumises des jeunes sur scène.
(Note : toute accusation de partialité, quoique totalement justifiée, sera niée de la part de la part de la rédaction.)

Dans la continuité de Dissonant Nation, place à Art Brut. À l’origine du nom du groupe, un terme de Jean Dubuffet, qui définit l’art brut comme toutes les productions de personnes indemnes de culture artistique. Parfaitement dans l’optique punk et alternative de ces londoniens déchaînés, tout ça. Note : pour mieux brutaliser son instrument le batteur jouera, pendant tout le set, debout.

Plus tard, ceux qu’on annonce comme la nouvelle sensation electro-rock anglaise sont là : le trio (encore un !) We Have Band. Entre une brillante reprise de « West End Girls » et une série de singles efficaces (« Hear it in the Cans », « Oh ! »), ce groupe est bien parti pour se faire connaître. Et il fait (très bien) son boulot sur scène. Que demander de mieux ?

Maintenant, la musique physique est finie. Les DJ’s sont là et assurent leur show avec la subtilité d’un boxeur poids lourd : Etienne de Crécy dans son cube, Felix da Housecat, Jack de Marseille… Jusqu’au bout de la nuit.

Pierre & Ugo


2 commentaires.

  1. Les tweets qui mentionnent Marsatac jour 3 : Art brut(al) | RockMuzic -- Topsy.com says:

    [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par kidapple. kidapple a dit: http://www.rockmuzic.fr/chroniques/marsatac-jour-3-art-brutal/ [...]

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