Après une longue journée d’attente, nous y voilà : le deuxième épisode de Marsatac, et ce soir c’est pas de la rigolade : 16 artistes dispersés sur trois scènes pour de la musique non stop de 20h à plus de 3h du matin.
Et c’est le duo Bumcello qui est chargé d’inaugurer la scène Major, la grande scène du festival. Le batteur Cyril Atef et le violoncelliste Vincent Segal, tous deux accessoirement musiciens de Mathieu Chedid, opèrent avec un show « 100% improvisation (…) ! » comme a tenu à le rappeler le percussionniste à masque de chat (!), mais parfaitement en place. Résultat : une sorte de transe à base de superposition de boucles de violoncelle et de rythmiques infernales.


S’en suit sur la même scène le concert inédit de la soirée : ‘Le Tout Puissant Orchestre Poly Rythmo’, un collectif béninois qui distille ses incantations funks depuis les anneés 70, mais étonnamment peu connu en occident. Le public déjà captivé se lâche totalement après le troisième morceau, moment où deux musiciens de Franz Ferdinand monte sur scène ! La rencontre peut sembler étrange, pourtant tout est très bien arrangé : au milieu des morceaux funky, Nick McCarthy (guitariste rythmique de Franz Ferdinand, faut-il le rappeler ?!) s’en donne à cœur joie et se livre à son activité favorite, bien connue des fans : la mise en place d’une rythmique implacablement dansante que ne dénigrerai pas David Byrne. Paul Thomson est logiquement à la batterie. Les tubes du gang de Glascow sont reprit à la sauce vaudou (dont ‘Tell Her Tonight’ et le fatal ‘Take Me Out’, tout à fait dantesques avec la section de cuivre), et les morceaux de l’orchestre bénéficient de la présence des anglais.


Nous revenons vers la scène Pharo, à l’intérieur des Docks : le décor est planté, de nombreux synthétiseurs vintage ont fleuri sur scène, le show hyper énergétique que nous attendions avec impatience peut commencer : les General Elektriks ! Tout d’abord, nous notons la présence de l’impressionnant Jessie Chaton, leader crépu de Fancy, à la basse et au vêtements moulants. Ensuite, le chanteur du groupe au charisme débordant emporte directement le public avec son étonnante capacité à chanter, bondir et jouer du clavier simultanément. Le groupe enchaîne les morceaux de leur album « Good City For Dreamers » sorti en début d’année. Pas d’invité surprise pour ce show direct et explosif.



Maintenant, place au DJ set de Beat Torrent ! Les deux DJ’s français -Pfel et Atom- 5 fois champions du monde dans leur catégorie nous ont réservé une prestation puissante en décibels et en bon goût. En effet, dès le début du set, c’est le grand melting pot des genres ! La mescla des influences ! Le vomi musical ! Les remixes s’enchaîne, chacun dépassant le précédent en terme de surprise et d’originalité. Dans le désordre : Queens Of the Stone Age (‘No One Knows’), SebastiAn, Led Zeppelin (‘Whole Lotta Love’), Daft Punk, Arctic Monkeys (‘Brianstorm’), Michael Jackson, Nirvana (‘Smells Like Teen Spirit’), et on en passe.
Bref, le chapiteau dressé pour l’occasion sera, pendant un peu plus d’une heure, transformé en Dancefloor géant. Le parquet en bois ne s’en remet toujours pas.


En conclusion de la soirée (la nôtre en tout cas), Krazy Baldhead, un des vétérans de l’écurie electro-parisienne Ed Banger Records. Tout nous pousse à aller l’écouter, mais voilà, Krazy Baldhead est différent de ses petits camarades : il n’a pas le goût de l’efficacité de Beat Torrent, la puissance metal de Justice, la brutalité de SebastiAn (absents de ce festivals, on vous rassure)… Peut-être la faute à son approche pas banale de la musique électronique : c’est en effet du Jazz et de la musique classique qu’a débarqué cet artiste inédit. Pour faire court, notre temps de présence à son concert le fut aussi, mais on le regrette.
Ainsi se finit cette deuxième soirée de cette 11e édition du festival Marsatac, dont le point culminant devrait mathématiquement être atteint samedi.
Pierre & Ugo


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