Chronique : Urban Groove Unit « Street Talk »

Si vous ne connaissez pas encore Urban Groove Unit, il est temps de vous y mettre ! Car « UGU », c’est LE groupe de funk-jazz parisien du moment. Et pour cause, les 9 zicos viennent de sortir leur première galette, Street Talk : une véritable pépite pour les amateurs du genre ! Le groupe a été fondé en 2001. A la base, James Startt, guitariste, qui « n’avait qu’une idée en tête, construire une formation, en France, capable de jouer la musique soul/funk avec la même énergie qu’il entendait en grandissant dans les bars de blues à Chicago ». Ca, c’est ce que dit la bio officielle. Pour ce qui est de l’album, je l’ai écouté. Et croyez-moi, c’est du très lourd! Ça chante bien, ça joue bien, ça groove bien, et, dans la majorité des cas, ça fout carrément les poils.

L’album débute sous les meilleurs auspices. Le premier titre, Survive, est pêchu. Le rythme tranche avec les paroles, et ce contraste entre le texte et le groove est sympa. Au moins, malgré le sens de la chanson, on n’a pas envie de se jeter du Pont des Arts. Les cuivres claquent bien : quel solo à 4:05 ! J’adore, j’adhère !
Une petite intro fait le lien entre le 1er et le second morceau, Bars and Barcelona. Ce dernier peut se targuer d’une intro sublime à la guitare, qui emporte littéralement le morceau.

Vient alors ABC Jazz, un de mes titres préférés, assurément ! Il n’est pas interdit de danser sur cette chanson… vraiment pas ! Le chanteur parle, raconte une histoire, des rencontres, ça monte, ça monte, et puis : you can groove on that ! Une telle invitation ne peut être refusée… Un beau sens de la mélodie… et puis, ça redescend… Très « street ».
Avant le 4ème morceau, nouvelle intro : une annonce radio… très cliché mais super drôle !

Lady Day and John Coltrane, une chanson de Gill Scott-Heron à la base, réarrangée, et bien réarrangée d’ailleurs. Souvent, on a tendance à faire moins bien que l’originale quand on reprend ce genre de choses. Donc, un bel exercice de style réussi pour UGU. Benjamin Farrugia, le batteur, manie d’une main de maître l’instrument. Un apport généreux au morceau.

Sly Groove, MA chanson préférée de l’album. A choisir, je l’aurai même choisie en premier single… Dès les premières mesures, ça ne rate pas: les orteils bougent, entraînant immanquablement les pieds. On apprécie la voix du chanteur. Le groove de la chanson ralenti progressivement pour laisser apparaître un côté que je trouve plutôt sensuel. Et encore un solo diablement bon à 3:45… Des sacrés bons musiciens ça !

Coward and Witness et If ne sont pas les chansons les plus percutantes de l’album, mais on apprécie l’harmonie et l’interprétation du chanteur.

You’re so sweet, un titre plus chill-out que les autres. Un peu de repos, ça fait du bien.  Debout là dedans! Troisième titre carrément exceptionnel à mes yeux, qui peut rivaliser avec les bombes FM… Mais est-ce le but de UGU ? So Wild met en avant le talent de rappeur de la voix du groupe. Ca groove, c’est bon, tout y est…
Avec Little Sister, on bouge la tête, on bouge les pieds, puis on bouge le reste et c’est parti. On finit le disque en beauté. Encore la batterie qui, selon moi, surclasse tout!
La « bonus track », Ti Mango La, a un côté plus « world », pas déplaisant. La voix féminine est très belle à écouter. Elle me fait un peu penser aux divas blacks des années 70. Une belle façon de clôturer ce premier album de Urban Groove Unit.

Si je peux me permettre un dernier conseil, allez-les voir en live. Pour avoir tenter l’expérience Urban Groove Unit deux fois, je peux affirmer que ça vaut le coup !

Toutes les infos sur leur MySpace : www.myspace.com/urbangrooveunit

Allison Mazzoccato


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