Ce lundi, après quelques semaines d’absence (la faute aux examens de fin d’année), place à la quintessence des excentricités capillaires. A croire que nos chers amis les artistes ressentent le besoin d’afficher ouvertement leurs idées loufoques avec une coiffure qui crie « Je suis un esthète maudit et incompris par l’humanité ». De la coupe au bol des early Beatles à l’afro des Jackson 5 en passant par la choucroute façon Marge Simpson d’Amy Winehouse, il semble que chacun cherche à imposer sa signature musicale au travers de l’extravagance de sa chevelure.
C’est parti pour un périple qui promet d’être chargé en pellicules !
N°5// Jesus & Mary Chain – Some Candy Talking
Histoire de commencer en beauté, on attaque avec les distorsions mystiques des Jesus & Mary Chain, menés par les deux frères Reid. Apparus de nulle part au presque milieu des années 80, ces instigateurs de la noisy pop ont été suivis de près par My Bloody Valentine. Les membres de cette joyeuse bande sont reconnaissables à leurs coiffures du genre déstructuré, obtenues au choix après des séances d’électrochocs destinées à guérir Dieu seul sait quelle tendance déviante, ou par une guitare mal branchée. Quoi qu’il en soit, le résultat est là, bruyante et douce à la fois, la musique toute en nuance des Jesus and Mary Chain a le don de rassembler les troupes.
N°4// Siouxsie And The Banshees – Hong Kong Garden
Issue de la même famille que les J&MC, la sombre Siouxsie aurait aussi bien pu être la sœur cachée de Robert Smith. Si les années 80 ont marqué les esprits comme la décennie de la décadence capillaire, elles ont également donné lieu à un tournant musical des plus important, entraîné par les diverses vagues noisy pop, cold wave, batcave, tous très funestes et mélancoliques. Siouxsie en est une des principales actrices et s’est imposé grâce à une force de caractère hors du commun et un esthétisme qui lui est propre, à travers notamment son maquillage toujours poussé à l’extrême, qui est devenu sa marque de fabrique.
N°3// Mungo Jerry – Maggie
Le groupe supervisé par le poilu Ray Dorset est certes connu et reconnu pour son tube interplanétaire « In the summertime », mais aussi et surtout pour avoir un chanteur aux rouflaquettes les plus généreusement fournies de l’histoire de la musique. Ce maître du kazoo muni d’un métronome à la place de la jambe, impressionnait non seulement pour son habitude à se produire tous pectoraux dehors, mais par dessus tout par ses compositions énergiques qui feraient danser le plus blasé de tous les traders.
N°2 // Jerry Lee Lewis – Whole Lotta Shakin’ Going On
Pendant longtemps rejeté et considéré comme le mouton noir du rock’n’roll américain après son mariage scandaleux avec sa jeune cousine de 13 ans, Jerry Lee Lewis a néanmoins connu son heure de gloire grâce à la virtuosité, voire férocité avec laquelle il interprétait ses morceaux. L’homme qui jouait du piano debout savait comment entraîner son public dans sa folie, et sa coiffure guindée ne résistait que très peu de temps à ses accès de folie qui laissaient vite réapparaître ses bouclettes rebelles volant au rythme frénétique de son clavier.
N°1 // The B-52s – Private Idaho
Ovnis de la new wave, les B-52’s portent parfaitement bien leur nom puisque, en plus des bombardiers américains, le terme « b-52’s » désigne aussi les coiffures façon choucroute démesurément gonflées, si chères aux deux chanteuses du groupe. Au-delà de l’aspect esthétique qui a marqué toute une génération et participé à la relance des ventes de laques, le groupe a aussi su s’affirmer grâce à ses mélodies toutes plus entraînantes les unes que les autres et leur célèbre synthétiseur psychédéliques.
BONUS // The Smiths – What Difference Does It Make ?
Ce n’est pas pour rien si ce morceau est en bonus, puisqu’en plus de sa coupe digne d’une brosse à récurer la vaisselle, l’extravagance de Morrissey allait (et va toujours) jusqu’à se promener avec un joli bouquet de fleur coincés à l’arrière de ses pantalons, marguerites ou tournesols selon l’humeur du jour. Serait-ce pour camoufler une odeur incommodante, il faudrait demander au principal concerné… Mais après tout quelle importance, tous ces détails n’entravent en rien l’étendue de son génie, transcendant les foules à l’aide de ses mouvements de danse extatiquement illuminés.
Ce Monday Top Five a été rédigé par Pauline !



// Derniers commentaires